ALEX MENTIS : Première de son clip « The Mountain of Human Bodies »

ALEX MENTIS : Première de son clip « The Mountain of Human Bodies »

Ton clip « The Mountain of Human Bodies » montre deux humains qui se déchirent, et il n’y a pas vraiment de dominant ni de dominé, les rôles s’inversent dans la danse. Peux-tu m’en dire un peu plus sur le fond du sujet que tu abordes ?

D’abord la chanson elle-même aborde un concept assez cynique qui étonne les gens quand je l’explique pendant mes concerts. Elle parle de l’idée que dans la vie on avance, on rencontre des gens, on forme des liens et des relations avec eux et puis quand ils n’ont plus rien à nous offrir on les jette et on continue notre chemin. La montagne symbolise cela, c’est-à-dire les gens qu’on a rencontré, dont on s’est servi pour arriver à notre but et qu’on a laissé derrière nous.
 Dans le clip j’ai voulu aller un peu plus loin avec cette idée et montrer une relation dans un huis clos. Les deux personnes sont sous un microscope et l’une fait faire des choses à l’autre. L’une se sert de l’autre comme une marionnette mais finalement il ne se passe rien, elles arrivent nulle part et elles se retrouvent la d’où elles ont commencé. Il n’y a pas vraiment de sortie de la pièce où l’action se passe. Cela crée une sorte de frustration et l’un se sert de l’autre comme un jouet.

 

Je trouve ton clip très féminin, voire féministe. Quelle est l’origine de ton engagement ?



C’est intéressant de voir ce côté du clip. Il y a beaucoup de monde qui m’a parlé ce côté féminin. J’ai compris qu’on a réussi à atteindre notre but quand on m’a demandé pourquoi, même si c’est une scène entre un homme et une femme, il n’y a aucun érotisme. Si vous regardez bien Mairi Pardalaki et moi, nous n’avons aucune expression. L’un touche l’autre, souvent on est collés l’un sur l’autre mais au fond il n’y a rien. Nous restons froids et sans émotion du début à la fin. On n’a pas voulu présenter une relation de couple. Il s’agit juste de deux personnes sans une identité claire et presque sans sexe. Dans la chanson je parle d’individus et j’essaie de faire abstraction du  »visage » qui caractérise les personnes. Le choix de tourner ce clip avec une fille était conscient aussi. Je suis gay et je peux créer cette sensation de neutralité plus facilement avec une femme devant la camera. En revanche le contenu artistique ne s’inscrit pas dans un cadre d’art queer non plus. Je suis très inspiré par les instincts de survie des humains dans notre société et je trouve qu’on peut arriver au fond de ce sujet si on arrive à traiter la notion de la sexualité en dehors des normes établies par les médias et les traditions.

 

Y a t-il d’autres clips prévus, est-ce qu’ils traitent du même sujet ?

 Ce clip est le premier chapitre d’une trilogie que nous voulons tourner avec Maxime Gaudet. Le deuxième sera tourné dans quelques jours. Le titre, Underwater, sortira avec le reste de mon EP le 4 novembre. Pour ce clip je vais travailler encore une fois avec Mairi Pardalaki et deux autres danseuses. Le concept de ce clip est le fait que chaque personne est plusieurs choses à la fois. Les trois filles vont représenter différentes facettes du même personnage et la façon dont la  »mise en scène » est pensée est beaucoup inspirée des chœurs de la tragédie grecque. Elles auront presque un rôle d’harpies qui sont des fois agressives et des fois protectrices. Encore une fois on va beaucoup travailler avec la présence féminine mais on reste toujours loin de l’image habituelle de la femme dans le monde du clip.

 

Ton concept artistique est murement réfléchi, travaillé et proposé. Je suppose que ça a nécessité beaucoup de travail ?



Les idées nous viennent tous les jours. Trouver les concepts et ce dont on veut parler vient tout seul parce que tout se base sur nos influences et sur notre esthétique qui est déjà très solide. Ce qui demande énormément de travail est l’aspect technique du projet. Nous sommes une équipe indépendante et nous travaillons seuls. Tout ce que vous voyez comme décors dans le clip a été fait par nous mêmes. Tout a été filmé et monté par Maxime Gaudet. La chanson a été écrite et produite par moi-même. Nous sommes tous les jours en train de gérer plusieurs aspects du projet.

 

Quels sont tes projets pour la suite ?

Le 4 novembre je sors mon EP  »The Big Picture ». Tout de suite après je pars en Grèce, mon pays d’origine pour présenter mon spectacle avec Mairi Pardalaki et Alexia C, mon amie musicienne qui nous a beaucoup aidé dans la réalisation du clip aussi. Avec la fin de mes concerts en Grèce nous aurons fini le deuxième clip et nous le sortirons vers mi-décembre. En même temps je vais organiser mes dates de concerts pour la France et je vais commencer à écrire le script du troisième clip. Avec Alexia C nous travaillons sur la musique d’une série de vidéos basées sur le principe de l’hyperlapse et réalisées par Maxime Gaudet. On ne s’arrête jamais !

Facebook : https://www.facebook.com/mentis.alex/
Site : http://alexmentis.com/


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