[FR] THE SHIVER nous parle de la position de la femme dans le Metal européen

[FR] THE SHIVER nous parle de la position de la femme dans le Metal européen

Salut Federica ! Nous suivons ton groupe depuis plusieurs mois déjà, mais peux-tu nous en dire plus à propos de The Shiver ?

The Shiver est un projet que j’ai fondé avec mon batteur Finch en 2006. S’il fallait lui coller une étiquette, je dirais que nous sommes sommes influencés par le rock gothique et alternatif.
Nous avons beaucoup tourné en Europe, du Portugal à la Sibérie avec tout ce qu’il y a entre les deux. Nous avons sorti 4 albums studio dont le dernier « Adeline », qui est paru en avril 2017.

https://theshiverband.bandcamp.com/album/adeline

Durant toutes ces années, nous avons tourné en tête d’affiche mais aussi partagé la scène avec quelques uns des meilleurs groupes actuels comme Papa Roach, Misfits, God Is An Astronaut, Dead Letter Circus, Tarja Turunen, Sonic Syndicate, The Ark, Vanilla Sky, et bien d’autres.

 

 

Cette interview traite de la condition de la femme impliquée dans la scène metal et le music business. Quels sont tes meilleurs souvenirs en tant que femme musicienne ?

Oh, j’adore ça ! Comme un mec connu l’a dit « C’est un monde d’hommes ». Même si on veut se dire le contraire, c’est malheureusement le cas partout dans notre société.
La musique est censée être un milieu de mecs cools et balèzes, et les nanas sont là pour être « bonnes », point barre. Mais je connais une paire de nanas qui sont bonnes et peuvent en remontrer aux mecs.
Tout d’abord, je suis musicienne, et je suis la patronne et compositrice de mon projet The Shiver. Ces années m’ont appris que la chose la plus difficile est d’impliquer dans le groupe des gens qui ne supportent pas qu’une femme puisse leur dire ce qu’ils ont à faire. Mais comme tu peux le voir, je gère ce projet et je sais précisément ce que j’attends de ma musique et de mon futur. Et j’adore discuter avec des gens que j’admire et que je respecte, je crois sincèrement que c’est une bonne façon de grandir en tant qu’artiste.

Je suis aussi chanteuse et j’aime faire des featurings avec d’autres artistes (uniquement lorsque j’aime leur musique bien sûr
(https://www.youtube.com/watch?v=RRT4gzs2Obc)

Je suis également claviériste, mais je viens d’intégrer en tant que guitariste le super projet post-rock The Chasing Monster
(https://www.facebook.com/thechasingmonster/)

Enfin, je suis prof de chant et j’ai monté il y a 4 ans une école de musique avec mon ami Finch.
(https://www.facebook.com/backstageacademy.org/) .

Il n’y avait pas de locaux de répétition dans notre ville donc nous avons décidé d’ouvrir un endroit qui serait une plaque tournante pour tous les musiciens de la ville. Il était évident de s’en servir aussi pour donner des cours de musique et c’est ainsi que le projet est né.
Il y a déjà une seconde Backstage Academy ouverte à Pise, et nous allons en ouvrir une troisième à l’étranger.

Je crois que si tu choisis ce mode de vie et que tu veux devenir musicien, tu devras faire face à bien des difficultés. Si tu n’es pas trop con, tu pourras t’en sortir et survivre, que tu sois un homme ou une femme. Mais si tu ne t’impliques pas suffisamment, tu ne feras pas long feu.

Mon meilleur souvenir ? Il y en a trop ! En mai dernier j’ai joué au Dunk ! Fest en Belgique avec The Chasing Monster. Nous avons été invités à rester quelques jours dans cet endroit génial (le genre : « je voudrais vivre ici pour toujours »). Un concert parfait, hyper intense, des gens adorables, un endroit de rêve… J’ai eu la chance de rencontrer les gars de God Is An Astronaut, qui sont formidables, aussi bien humainement qu’artistiquement.
Mais mon tout meilleur souvenir est peut-être la tournée effectuée en octobre dernier avec un de mes groupes favoris : Dead Letter Circus. Ca a été la meilleure expérience de ma vie et j’ai beaucoup appris. Les concerts étaient super et voir ce groupe jouer tous les soirs était comme vivre un rêve éveillé. En plus, ils sont vraiment très gentils.

 

 

Et ton pire souvenir ?

Oh, je vais faire court. Atteindre des cibles que tu t’étais fixées depuis longtemps et te rendre compte au même moment que les musiciens que tu as impliqués dans ces projets géniaux n’en ont pas grand-chose à foutre. Ca m’a fendu le coeur car je suis de nature confiante et je considère mes musiciens comme ma famille. Mais les gens ont parfois deux visages et certains aiment tirer parti du travail d’autrui.

 

 

Les gens ont tendance à penser que les hommes sont plus respectueux des femmes sur la scène metal que dans les autres genres. Te sens-tu traitée « comme un homme », égale à 100 %, ou certains agissent-ils tout de même de façon stupide ?
Ahahah, je t’adore ! J’aime traiter avec les gens, et comme je suis très empathique, je comprends souvent ce qu’ils ont dans la tête. Si je dois négocier des choses importantes avec quelqu’un, je vais toujours essayer de me placer au même niveau que lui. Si d’aventure je me rends compte que je parle à quelqu’un de stupide ou de superficiel, je vais tout de même m’accrocher et voir ce qui en ressort.
Ce qu’il y a de pire est de sentir que ton interlocuteur te drague ouvertement alors que tu essayes de parler boulot ou business avec lui. Cela arrive souvent, mais l’important est de montrer que tu n’es pas une fille facile. Heureusement, ici en Italie, les filles sont très entrainées à cela (rires) !

 

 

N’est-il pas compliqué d’être sans cesse entourée en tournée de mecs beaux et musclés tout en restant toujours professionnelle ?
Héhéhé… J’ai vu des choses sur la route que je ne peux pas raconter. Génaralement, les mecs en tournée (je parle des jeunes groupes) veulent prendre du bon temps, donc ils essayent de t’allumer juste parce que tu es une fille – ça n’a rien à voir avec l’attirance ou le fait qu’ils te trouvent jolie. Je déteste ça.
Et puis parfois, tu tombes sur des gens vraiment cools et bien sûr, tu partages tes expériences, tu fais les mêmes choses, et c’est sympa de papoter et de comparer nos vies. Je fais toujours le maximum pour rester pro, sinon il n’y a aucune chance de survie.

 

 

Comment envisages-tu ta vie personnelle et sentimentale : avec quelqu’un du milieu musical ou au contraire avec quelqu’un qui n’a aucun rapport avec le business ?

J’ai récemment mis fin à une longue relation amoureuse, ce qui m’a amené à cette réflexion : je joue de la musique depuis l’âge de 14 ans, bien avant d’avoir eu mes premiers petits copains, et je n’ai jamais eu de relation avec un « non-musicien ».
Et je crois que ça ne pourrait pas arriver. L’art et la passion sont les choses les plus fortes dans ma vie, et je ne me vois pas la partager avec quelqu’un qui ne comprendrait pas cela. Il y a quelques semaines j’ai eu un rendez-vous « galant » avec un type « normal » et… Oh mon Dieu ! Pas moyen. Nous parlions chacun deux langues différentes.
Le truc à comprendre, c’est que je suis dingue, et que j’ai besoin de quelqu’un de dingue pour partager ma vie. Si ce n’est pas le cas, mes amis, la musique et le boulot me suffisent. Je n’ai pas envie d’investir du temps avec quelqu’un qui ne serait pas le meilleur.

Gros bisous et merci d’avoir partagé cet espace d’expression avec moi.
Faith !

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