On a rencontré deux mecs du 75019-1 = 75018

On a rencontré deux mecs du 75019-1 = 75018

J’ai eu l’occasion de rencontrer deux mecs de Paris. Ils sont frères et font un style hybride, bien à eux, mêlant du Hip-Hop à la chanson, en passant par le rock. Leur attaché de presse – d’une agence parisienne bien connue – n’arrêtait pas de me harceler pour que j’écoute. « Tu verras c’est l’avenir » qu’il me disait. J’ai écouté, et effectivement, MAB ça ne s’écoute pas, ça se délecte.

 

Salut MAB. D’ailleurs MAB, ça veut dire quoi ?
MAB c’est les trois premières lettres de notre nom de famille (on est frangins) donc tu me diras  que ça ne veut a priori pas dire grand-chose. Et c’est justement parce que ce nom de projet n’est pas contraignant au niveau du sens qu’il nous plait. Regarde : avec « The Wanton » (qui signifie « impudique » non ?) tu sembles condamné à faire des articles obscènes sur des photos de pénis aussi longtemps que tu travailles dans ce média.

Mais en réalité, pour nous deux ce nom a un sens énorme : au moment de la fondation du projet en 2015, on s’est retrouvé comme deux cons avec rien d’autres qu’un tas d’idées et notre relation de frangins… Ce nom s’est imposé de lui-même.
 
Vous faites un style hybride et vous revendiquez venir du 18ème. Alors Saint-Denis et Trappes on connait, pas contre, on n’est pas parisiens, et on capte pas trop votre délire…
Pour l’instant personne, ne capte trop notre délire (même nous on n’a pas encore vraiment pigé) et ça n’a rien à voir avec Paris ou le XVIII. L’idée est qu’on n’a aucune envie de se conformer à des tendances qui existaient avant nous. Pas pour faire les connards snob, puisqu’on veut toucher un public large, mais parce qu’on n’aura jamais la carrière dont on rêve sans avoir une vraie patte artistique unique. « Prémices » est une première tentative de te faire avaler un truc dont tu ne connais pas encore le goût.

Votre reprise d’Aznavour a bien buzzé et a même été republiée par Aznavour. Je trouve ça complètement dingue : vous avez fait comment ?
La première étape, c’est bosser avec assez d’acharnement pour faire une reprise susceptible de plaire au public, et éventuellement au gars qui a fait l’original. Pour « la bohème », ça été une réflexion du type : qu’est-ce que ce morceau signifie aujourd’hui ? est-ce qu’on peut dire que le 18e est mort ? si Aznavour la sortait maintenant, quels arrangements musicaux il utiliserait ?
Ensuite évidemment, c’est les aléas du Web. Si le vieux Charles ne s’était pas connecté, s’il n’était pas tombé par hasard sur le partage d’un pote, cette vidéo serait passé totalement inaperçue. C’est désarmant, parce que pour des œuvres sur lesquelles on a 100 fois plus bossé comme « Prémices », le succès est aussi 100 fois moins important.

Niveau date, vous avez joué au Belushi’s qui se veut quand même bien hype en ce moment sur la capitale. Alors du coup, c’est quoi MAB ? C’est du Hip Hop Hype ?
C’est compliqué de te répondre qu’on est « hype » dans la mesure où on vient de faire 30 dates partout en France, parfois dans des conditions de grande insalubrité -devant des ivrognes plus ou moins hostiles à notre présence, dans des lieux où il n’y a pas d’autre scène qu’une cagette de marché sur laquelle tu vas te casser la gueule au moins une fois…
Disons qu’on vise désormais un autre standing et effectivement, des lieux plus « hypes ». Mais on est passé par la galère et ça se sent quand tu nous vois sur scène, même dans un lieu branché : on reste pas là à siroter des cocktails et à appuyer sur des boutons, en nous demandant si on se fera sucer en sortant de scène. Nous au contraire, on sue, on se déchaîne pour faire en sorte que tu sois content d’être dans le public.

 

Ce premier EP est hyper bien produit et j’ai vu dans le clip de Prémices que tout semble se passer dans une chambre… C’est de l’autoprod ?
Oui, tout « Prémices » part du travail que l’on fait dans nos chambres. C’est là qu’on écrit, qu’on compose et qu’on fait les maquettes. Mais non, on n’aurait pas pu obtenir la qualité de la production  sans passer par un expert de la prod, Léonard Mule, qui travaille au Poisson Barbu.

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