Philo : Pourquoi les mecs rêvent tou(te)s d’être des petites salopes ?

Philo : Pourquoi les mecs rêvent tou(te)s d’être des petites salopes ?

L’homme moderne rêve plus que jamais d’être une petite fille à papa bien salope. Parce qu’avant tout, il est fatigué. Fatigué d’être fort. Fatigué de devoir diriger le monde alors qu’il sent que sa vie lui échappe. Il en a marre de devoir prouver sa virilité, sa puissance, sa compétence. Il en a marre que dans les médias et l’inconscient collectif, sa putain de valeur intrinsèque d’individu passe par la taille de son pénis, le nombre de chevaux sous le capot de sa voiture, ou les 5 lames de son nouveau rasoir ultra moderne. Mais putain qui est assez con pour se branler sur des rasoirs nouvelle technologie avec des têtes rotatives mes couilles ? Bientôt on lancera des fusées avec des wilkinson.

Bref. Il en marre d’être un trou du cul bourré d’égo parce qu’il ne sait pas faire autrement. Parce qu’on ne lui jamais appris à faire autrement et accessoirement parce qu’on lui a fait comprendre qu’il valait mieux être de mauvaise foi que de perdre confiance ou admettre avoir tort.
Il est au bord du break. Il en a marre d’avoir à être beau sans maquillage. Sans mascara bien épais pour dissimuler son stress et camoufler ses peurs. Sans crème de jour pour garder son teint frais. Sans lingerie pour travestir ses mensonges quand il refuse de regarder la vérité en face. Car on vous le dit depuis la nuit des temps, LA vérité c’est SA vérité. Alors qu’au final il va mourir en n’étant personne, dans un monde où il n’est déjà rien. Il n’a rien à perdre, il n’est rien, et il a fait en sorte qu’on attende de lui qu’il soit tout.
Et là c’est en trop. Il n’en peut plus d’être idéalisé, mesuré, jaugé, jugé, rejeté. Il est une devenu un choix, une forme moderne de shopping. Adopteunequeuedésespérée.com Il est attendu de pied ferme dans les talons des petites garces égoïstes, droguées au like, égocentriques, névrosés en puissance. Autant de petites dictatrices hitlériennes du bon gout universel, qui croulent sous les demandes d’hommes prêt-à-fourrer. Mais il est recalé. Pas assez 5 étoiles.

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Pas assez macho (« mais pas non plus de trop, je veux un faux bad-boy, pas un vrai con »). Pas assez sensible (« mais pas non plus de trop, je veux un homme fort qui doute, puis qui saura se reprendre en main »). Pas assez ouvert (« mais pas non plus de trop, il doit savoir ou il va et qui il est »). Pas assez créatif (« mais pas non plus de trop, il faut qu’il ait du temps pour moi, je dois rester sa seule vraie priorité »). L’homme n’est pas assez.

L’homme s’échine à répondre à la demande d’une gente féminine qui ne sait pas ce qu’elle veut. Ou pire ! Qui refuse de l’admettre. C’est le contrecoup. A force ne nous poser sans cesse en idéal social, nous sommes attendus au tournant. Et le revers est rude. Personne n’est à la hauteur.
Croyez-nous ! On douille. On en a Marre de devoir être con, arrogant et faux, de devoir s’inventer une paire de couilles pour niquer. On sent bien le poids des décennies de patriarchie se heurter à la libération de la femme. Car de son côté la femme se libère progressivement, s’assume dans ses vices et dans ses retors. Peut-être qu’elle ne veut pas que l’homme change, mais plutôt pouvoir l’aimer librement et le baiser librement. Sans jugement. Au mieux elles voudront faire changer le con pour satisfaire leur ego, mais au fond il est possible que la plupart des femmes se foutent de l’avancée du féminisme en tant que tel, car elles aiment et admirent encore les cons. Elles veulent juste pouvoir se sentir bien quand elles sont la petite salope de ces cons-là. La femme aime être salope. Et c’est bien normal. Ce n’est pas un mal.

Salope c’est une femme qui nous échappe. A nous, à notre fierté, à nos règles moralisatrices. Dans la compétition mondiale de celui qui pisse le plus loin, la femme est notre récompense, notre trophée. Sauf qu’elle nous échappe, et qu’on pisse dans le vent. Pour rien.
Salope c’est le vent qui change de sens et l’homme qui prend sa pisse dans la gueule. Salope sonne comme une insulte que l’homme emploie pour se venger, parce qu’au final il ne peut rien faire de plus que dénigrer. C’est tout là la limite de l’insulte. Salope c’est la définition moderne de la liberté. Elle ne dénigre rien. Elle constate l’impuissance et la jalousie du phallus déçu face au caprice du vagin. La loi de l’offre et de la demande.

Il n’y a plus rien d’offensant dans la notion de salope. C’est le désarroi qui parle. En secret, nombre d’entre nous vous envient. Nous jalousons, cette noblesse que vous avez dans le regard quand votre visage se déforme et que vous nous criez « défonce moi, je suis ta chose, ta chatte, ton objet ! Souille-moi ! ». Nous en serions tout bonnement incapables. Incapables d’une telle splendeur. Nous ne savons pas lâcher prise. Nous avons l’honneur entre les deux jambes, fièrement dressé vers les cieux, et le moindre signe de fébrilité nous donne des sueurs froides. L’impuissance notre hantise à tous. Tabous parmi les tabous. La pine molle est l’aveu de faiblesse le plus ultime. Nous sommes incapables d’être fragile. Nous sommes cons. Solides et infaillibles certes, mais cons.

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Oui, on a fait une petite fixette sur les pieds de femme avec des chaussures à talons.

Aujourd’hui une jupe qui se relève et le monde vous appartient. Vos culs se dandinent au rythme de l’avenir qui s’offre à vous. Celle qui se mets à genoux n’est pas celle que l’on croit. La salope a plus de pouvoir que le connard qu’elle suce. Nous le savons. Combien d’entre nous ont déjà voulu être femme pour être une vraie salope ? L’homme ne peut pas rester un homme pour se voir souiller, il n’accepte pas que l’homme puisse lâcher prise à son tour et se dégrader. L’homme veut devenir une chienne pour donner à ceux qui le méritent ce qu’eux n’ont jamais eu. L’homme se fiche d’être une femme, d’avoir des beaux cheveux, une peau douce, des talons, et des froufrous. Non ce qui nous excite c’est être une pute. Une fille aussi fatale que facile.

Nous accepterions tous de faire la pute. Car pour nous ce n’est pas dégradant, ce qui est dégradant c’est de payer, pas de profiter de celui qui paie. Dans ce beau monde capitaliste, profit = pouvoir. Fille = pouvoir = profit = fantasme. Nous voulons le pouvoir. Qu’importe la manière.
Submergé par la folie narcissique des réseaux sociaux, l’humanité est affamée de reconnaissance. Tandis que vous êtes écœurées par l’haleine fétide des chacals qui vous entourent, nous rêvons d’humer ces doux parfums. Comme le foie gras. Le succès est un délice qui écœure vite. Nous ne saurions pas savourer. Être une salope pour un homme c’est se bâfrer de caviar à la louche.

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